Les Bourses européennes et américaines dopées par le plan d’aide européen
Suite à l’annonce du plan de stabilisation de la zone euro, les bourses occidentales se sont envolées : l’Eurostoxx 50 a clôturé en hausse de 10.4%, le DAX allemand a gagné 5.3%, le FTSE 100 britannique 5.2%, et l’indice élargi Standard & Poor’s 500 a grimpé de 4,40 % à 1.159,73 points. Alors que l’appétit pour le risque revenait en force dans les places boursières du monde entier, le dollar canadien (CAD) et son homologue australien (AUD) faisaient des prouesses et l’euro rebondissait tandis que le yen reculait face aux autres monnaies du G10.
Le président de la Bundesbank Axel Weber, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a jugé l’achat d’obligations par la banque centrale européenne approprié mais risqué, ce qui le rendait quelque peu critique de la décision de la BCE.
Le FMI s’est engagé sur la durée vis-à-vis du mécanisme de stabilisation de la zone euro et a les moyens de respecter les termes de cet engagement, a estimé lundi John Lipsky, le directeur général adjoint du Fonds monétaire européen. D’après M. Lipsky, qui a précisé que le Fonds ne créerait pas de nouveaux instruments de prêt pour l’Europe, les Etats-Unis soutiennent le mécanisme européen.
Dans un entretien à la BBG, Jean-Michel Six, chef économiste pour l’Europe de l’agence Standard & Poor’s estime que le plan de soutien de 750 milliards de dollars devrait aider à résoudre les crises fiscales de la région sur le long terme.
Dans une interview à la chaîne RAI TV, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a déclaré que le rachat d’obligations d’Etat par la BCE visant à aider à enrayer la crise financière de la zone euro « ne coûtera rien » aux contribuables de la région. Les membres de l’Union monétaire européenne doivent « poursuivre, et accélérer pour certains, leurs ajustements budgétaires » a-t-il ajouté, appelant à une supervision plus importante des finances publiques des pays de la zone euro.
Le rachat d’obligations d’Etat par la BCE n’augmentera pas l’apport de liquidités si bien que ces mesures n’auront pas d’impact inflationniste a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. Elle a précisé qu’elle s’était battue pour éviter que ces obligations européennes ne soient émises pour financer le plan d’aide.
Le Portugal doit intensifier ses mesures visant à réduire le déficit en 2010-2011, a déclaré lundi le ministre des Finances Portugais, Fernando Teixeira dos Santos qui est également membre du directoire de la BCE. Les Portugais doivent augmenter leurs économies, a-t-il par ailleurs ajouté.
Lors d’une conférence du World Economic Panel, le directeur du marché européen au FMI Marek Belka a estimé que même si le dispositif d’aide à l’Union européenne calmerait les marchés pendant un certain temps, il ne constituait pas une « solution à long terme ».
Les pays européens doivent se concentrer sur leurs déficits et leur stabilité financière, a estimé lundi le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. « Personne » ne cherche à affaiblir le secteur des exports de l’Allemagne a-t-il par ailleurs ajouté.
L’Union européenne présentera un plan « radical » de réduction des dettes d’ici octobre, a déclaré lundi le président du Conseil de l’Union européenne, Herman Van Rompuy. M. Van Rompuy a par ailleurs estimé que les parlements européens ne devraient pas trop tarder à approuver les plans de soutien.
Dans une interview à CNBC, Charles Plosser, le président de la Réserve fédérale de Philadelphie, a estimé que les données positives du secteur de l’emploi aux Etats-Unis étaient réelles mais que le taux de chômage ne s’améliorerait que graduellement. Il s’est dit assez « optimiste » ajoutant qu’il existait toutefois des risques d’inflation à long et moyen terme. La reprise économique risque de se faire plus vite que prévu, a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait jamais particulièrement soutenu la promesse du FOMC (le comité de politique monétaire de la banque centrale américaine) de maintenir des taux bas pour une « période prolongée ».
Le ministre des Finances canadien Jim Flaherty a salué le plan de soutien européen qu’il a qualifié de dispositif « global et crédible ». Les pays en difficulté financière doivent réduire leurs déficits budgétaires, a-t-il déclaré, ajoutant que la croissance canadienne dépassait légèrement les projections budgétaires et que l’économie devrait poursuivre sa croissance.
Dans une interview à BBG, Li Daokui, membre du Comité de la politique monétaire de la Banque populaire de Chine, banque centrale, a indiqué que le plan européen allait permettre à la Chine de se concentrer désormais sur ses propres risques. La Chine devrait prendre des mesures pour éviter toute hausse excessive des prix des titres et de la liquidité.
Conformément aux attentes, la Banque d’Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 0.5% et maintenu son plan de rachats d’actifs à hauteur de 200 milliards de Livres. Par ailleurs, la BoE a décidé de réactiver les mécanismes d’échanges (swap) du dollar le 11 mai.