Placement immobilier: Moment favorable
30% des Français pensent que le moment est avantageux pour acquérir, selon l’Observatoire Caisse d’Épargne 2009, 47% considérant qu’il est mieux d’attendre. La crise économique va « anesthésier le marché en 2009″, selon l’Écureuil, qui prevoit une nouvelle baisse des prix de l’immobilier ancien de l’ordre de 10% et une nouvelle chute de la production de crédits habitat.
Après dix années ininterrompues de hausse des prix (+140% au total), les prix de l’immobilier ancien ont, on le sait, baissé en 2008, surtout en fin d’année. Les Français ont senti ce retournement, mais n’envisagent pas pour autant de se ruer sur l’immobilier. Pas tout de suite, en tout cas.
Une année de pause
« Au total, 31% des Français considérent que le moment est bon pour acheter, et 47% considèrent qu’il est préférable d’attendre », selon la huitième édition de l’Observatoire Caisse d’Épargne (1.000 personnes majeures interrogées jusqu’en janvier 2009). 40% des sondés pensent que les prix de l’immobilier sont intéressants, mais ils sont 61% à envisager la poursuite de la baisse des prix, 12% anticipant une forte baisse. C’est certainement l’une des raisons qui explique l’attentisme exprimée en matière d’achat immobilier. D’autant qu’en janvier 2009, ils étaient plus nombreux qu’en septembre 2008 (32% au total) à trouver les possibilités de prêts intéressantes.
Mais, l’ atmosphère, économique actuel joue aussi pour beaucoup. « L’absence de visibilité économique et le risque accru de perte de son emploi vont anesthésier le marché en 2009″, explique Alain Tourdjman, directeur Études et Perspective à la Caisse d’Epargne, avant de constater que « l’image de l’immobilier comme placement ne semble pas ternie et la volonté d’accession des Français n’est pas remise en cause, particulièrement chez les jeunes ». Selon l’Observatoire en effet, les intentions » certaines » d’achat d’une résidence principale à un horizon de cinq ans se maintiennent à environ 10% des personnes interrogées, et les projets d’achat d’un bien locatif se situent, en septembre 2008, et à nouveau en janvier 2009, au plus haut depuis 1997.
Des prix en baisse de 10% en 2009
« La phase baissière du cycle immobilier qui est engagée devrait être marquée par une baisse des prix de l’ordre de 10% en 2009 dans l’ancien », a fait valoir Alain Lemaire, directeur général des Caisses d’Epargne. Les autres prévisions de son groupe ? La baisse des transactions devrait se prolonger en 2009, sous l’effet d’un nouveau recul des ventes dans l’ancien et de la construction dans le neuf, mais à un rythme moindre qu’en 2008 : les mises en chantier devraient revenir à 310.000 unités en 2009, contre 369.000 en 2008, mais après 437.000 en 2007. Le total des transactions (neuf + ancien) devrait accuser un recul de 10,5% au cours de l’année, après une chute de 14,6% en 2008. Enfin, les crédits versés aux ménages devraient passer de 116 milliards d’euros en 2008 (contre 146 milliards en 2007) à 90 milliards en 2009.
La baisse des prix en 2009 : de -6% à -14%, selon les spécialistes
La FNAIM. Après dix ans ininterrompus de hausse des prix, la correction devrait durer encore au moins jusqu’en 2010, voire en 2011, avec une reprise à la hausse, mais pas avant 2012 dans le meilleur des cas, selon la FNAIM. C’est en 2009 que le décrochage devrait être le plus sévère, avec une chute des prix de 10%, puis de 5% en 2010, de 3% en 2011 et de 0% en 2012…
Century 21. « Les prix continueront à s’ajuster sous la pression des acquéreurs solvables, et l’année 2009 clôturera sur une baisse, France entière, des prix au m2 comprise entre -6% et -10%, avec des disparités régionales moins fortes que celles enregistrées en 2008″, selon Laurent Vimont, président de Centuty 21 France.
Crédit Foncier de France. L’établissement anticipe des baisses de prix dans l’ancien en 2009 comprises entre 0% et -15%, selon les localisations et la qualité des biens mis en vente.
HSBC France. Mathilde Lemoine, directeur des études économiques et de la stratégie marchés chez HSBC France anticipe « une chute exceptionnelle des prix de vente en 2009, de -6% en moyenne pour les logements anciens et de -5% pour les logements neufs,à cause de la trop faible capacité d’achat des ménages et du niveau élevé des stocks ».
Standard & Poor’s. Les prix dans l’immobilier devraient baisser en moyenne de 10% en France en 2009, estime l’agence de notation Standard & Poor’s dans une étude consacrée au secteur en Europe. « Modeste jusqu’ici, la chute des prix a néanmoins surpris en France, où l’on pensait que le marché resterait relativement préservé », relève S&P en rappelant la faiblesse de l’endettement des ménages français et les niveaux d’apports personnels relativement élevés par rapport aux pratiques en vigueur dans d’autres pays européens.
Empruntis.com. »Les prix de l’immobilier ancien devraient, selon nos prévisions, baisser de 14% en 2009″, fait valoir Geoffroy Bragadir, fondateur du courtier de crédits en ligne empruntis.com. Avec la chute de -9,9% déjà enregistrée l’an dernier (source FNAIM), les prix pourraient donc avoir reculé de près de 25% sur deux ans à fin 2009…